Mon premier trimestre de grossesse – La fausse couche

17800425_10158351946035161_8331879637586263642_n

Pour mon premier petit article je voulais vous parler de mon premier trimestre de grossesse. 

Je voulais évoquer le sujet de la fausse couche parce qu’avant cette grossesse j’ai eu la malchance d’en faire une. C’était une fausse couche précoce, j’étais à trois semaines de grossesse. On ne peut donc pas dire que j’étais très « attachée » à ce qui n’était encore que des cellules (comme on tente fréquemment et maladroitement de vous le rappeler) mais cette fausse couche est venue me voler la part de naïveté et d’enthousiasme avec lesquels j’abordais cette nouvelle étape dans ma vie. C’est pourquoi je ne pouvais pas vous parler de mon premier trimestre sans aborder le sujet, elle a été malheureusement déterminante dans ma manière de vivre les choses lors de cette nouvelle grossesse.

Pour la petite histoire… Nous avons eu de la chance, je suis tombée enceinte dès que nous avons commencé les essais! Nous allions fêter Noël dans notre nouvel appartement, nous voulions en profiter pour l’annoncer à notre famille proche à ce moment-là. Tout était réuni pour que l’on passe un réveillon inoubliable! Et la veille au soir, j’ai commencé à perdre du sang. Direction les urgences, on me fait une prise de sang et on me dit de ne pas m’inquiéter, que ces petits saignements ne sont pas forcément synonymes de fausse couche. Il fallait que je revienne 48h plus tard afin que l’on en sache un peu plus sur ce qui se passait. J’ai donc passé le 24/25 décembre dans un état second, intiment persuadée que j’étais en train de faire une fausse couche, ce qui fut confirmé par le diagnostic médical.

Pour tout vous avouer, je n’étais pas sensibilisée aux fausses couches ne connaissant pas directement quelqu’un en ayant fait ou qui aurait pu m’en parler. Je pensais que c’était quelque chose de rare, donc dans un premier temps je fus surprise et prise de court, je ne connaissais pas tous les tenants et aboutissants de cette drôle de chose qui m’arrivait. En parlant avec ma gynécologue j’ai su que c’était quelque chose qui était en fait fréquent, qu’il ne fallait donc pas s’inquiéter, que cela ne déterminait en rien la suite des évènements, et que l’on commencerait à s’alarmer suite à plusieurs fausses couches consécutives.

J’étais déboussolée en rentrant chez moi, je tentais de me familiariser avec cette idée de fausse couche. Je prenais conscience que c’était bien à moi que cela venait d’arriver. Oui, je venais de faire une fausse couche, c’était officiel, ma grossesse s’était arrêtée. Je crois que je commençais à réaliser que c’était le début d’une aventure que je n’avais absolument pas imaginée comme cela, j’étais triste et contrariée en même temps. Moi qui avais toujours eu une image relativement positive de la grossesse (sans doute à tord!), tout mon imaginaire s’écroulait. Je fus rapidement envahie par le sentiment d’injustice et de culpabilité  « Pourquoi moi? Qu’est-ce que j’ai fait pour que ça m’arrive à moi? ».

Contrairement au fait de tomber enceinte qui était quelque chose de décidé et de désiré, la fausse couche, elle, n’est pas une chose que l’on choisit, elle vous tombe dessus, sans prévenir, elle ne vous demande pas votre avis. Elle est imprévisible, fourbe, impitoyable et irréversible. Elle vient vous prendre au ventre et elle le vide en vous arrachant tout le bonheur qui venait de s’implanter en vous, puis elle part avec tous les espoirs que vous aviez. Elle vous laisse impuissante, dans un état d’effondrement dans lequel vous n’apercevez aucune solution directe.

Afin de surmonter l’effondrement, j’ai essayé de rationaliser les choses, il fallait absolument que je trouve une (LA) raison à ce qu’il se passait pour ne pas que cela se reproduise. Je me suis posé les mêmes questions en boucle, je me suis repassé le film de ces dernières semaines plusieurs fois, « Avais-je mal fait quelque chose? » « Avais-je eu à l’esprit des pensées négatives qui auraient pu me jouer des tours? »Je me sentais coupable de quelque chose sans réellement savoir de quoi, j’étais frustrée et déconcertée de me retrouver face à l’inexplicable, à tant d’inconnues et d’incertitudes.

Même si mon conjoint s’est montré d’un support sans faille et que nous communiquons énormément, je n’ai pas résisté au fait de me plonger dans une recherche sans fin sur internet afin de lire tout ce que je pouvais trouver sur le sujet. Je suis rentrée dans une sorte de « boulimie » de lecture, comme pour combler le vide qu’avait laissé cette fausse couche. Tout y passait: forums, blogs, articles scientifiques… Tout était bon à prendre, j’étais à la recherche d’un remède miracle qui panserait ma blessure. Le plus ironique dans cette situation, c’est que je passais le plus clair de mon temps sur divers forums alors qu’habituellement je suis la première personne à déconseiller la lecture des forums (on y trouve toujours les histoires les plus dures et les plus sympa ne sont évidemment jamais relatées, du coup on dramatise encore plus!). Je me surprenais alors à déposer à mon tour des messages, avec des questions auxquelles j’avais déjà les réponses… Avec du recul, je crois que j’avais besoin d’une certaine validation de ce qui venait de m’arriver à travers le regard des autres ou par leurs réponses. J’avais besoin de dire que mon malheur existait bien, j’avais aussi le droit de me plaindre et d’exprimer ma tristesse, je cherchais de la compassion et que l’on me réconforte. J’avais alors le sentiment d’appartenir à un groupe, moi à qui il semblait que plus rien n’appartenait. Mon histoire résonnait quelque part, elle trouvait une surface de projection, j’avais besoin de mettre des mots sur mes maux. 

Lire les autres récits/témoignages m’apaisait et me soulageait, je m’appuyais inconsciemment sur l’expérience et le malheur des autres filles afin d’essayer de sortir la tête de l’eau.  Vous savez, j’ai conscience qu’une fausse couche précoce n’a rien à voir avec une fausse couche de quelques mois ou des fausses couches à répétition, même si je ne suis pas du genre à penser que le monopole du malheur existe réellement et que chacun a le droit de vivre les choses à son échelle sans que personne n’ait le droit de vous juger sur ce que vous vivez. Mais c’est en lisant ces récits de vie très douloureux que j’ai commencé à relativiser et à arrêter de regarder mon petit nombril. À l’aide de ces (futures) mamans, j’ai surtout compris ce qu’était la force de la maternité, ce sentiment de vouloir devenir mère que rien n’arrêterait et que nous partagions toutes. Et c’est cette même force qui entraînait une entre-aide sans limite des (futures) mamans entre elles. L’empathie, la bienveillance et la solidarité dont elles faisaient part à l’égard de chaque histoire m’a réellement touchée et émue. Je remarquais alors que petit à petit les rôles commençaient à s’inverser sur les forums, c’était aussi à mon tour d’aider les autres femmes en les réconfortant. En les réconfortant, je me réconfortais moi aussi, l’effet était auto-cicatrisant, quel miracle! Je faisais petit à petit mon mini deuil. Je me suis résolue à penser que si ce n’était pas ce bébé qui était destiné à vivre, c’est que ça devait être le prochain, un peu comme si c’était la loi de la nature qui décidait, je ne contrôlais rien, je laissais la Vie faire ses choix.

En apprenant à relativiser, j’ai compris que rien n’était de ma faute, il me fallait juste accepter cette fatalité et prendre cette nouvelle direction. Cette nouvelle direction qui n’était ni bien, ni mal, elle était juste synonyme d’une nouvelle étape dans mon parcours, il fallait l’embrasser et continuer à avancer. Parfois dans notre vie nous devons faire face au destin, à l’inconnu, à l’impondérable, à des choses que l’on ne choisit pas, tout n’est pas contrôlable. Mais nous avons le choix d’être fort face à tout cela et de faire en sorte d’avancer à notre manière. Être une future maman, c’est aussi apprendre à être solide face aux évènements et mon rôle commençait avec cette épreuve bien qu’elle soit déstabilisante et différente de ce que j’avais imaginé.

— Suite/Partie 2 bientôt en ligne —

J’ai créé un onglet « petits remèdes » si vous voulez jeter un oeil aux petits remèdes/conseils que je vous donne à propos de la fausse couche. Voici le lien: Petits Remèdes #1

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire! J’ai raconté les choses comme je les ai vécues, je pense aussi que l’on vit toutes les choses différemment car toutes nos histoires le sont. J’ai abordé le sujet de la fausse couche et je sais que d’autres étapes autour de la grossesse sont compliquées pour certaines femmes, comme les fausses couches à répétition, la difficulté à tomber enceinte, FIV, PMA, l’endométriose et bien d’autres. Je serais très heureuse de lire vos récits ou commentaires, n’hésitez pas à la partager si vous en avez envie! 

À très bientôt,

Marine

19 commentaires sur « Mon premier trimestre de grossesse – La fausse couche »

  1. Coucou, félicitations pour le 1er article de ton blog !! J’ai été tres touché par ce recit, comme je le suis à chaque fois que je lis quelque chose sur les FC, c est difficile d accepter que nous ne contrôlons pas tout et encore pire quand ça touche quelque chose que l’on desire énormement. Hate de lire la suite ^^
    Longue vie à ton blog 😊

    Tiff de Mabulledepensees.com

    J'aime

  2. Coucou Marine !!
    J’ai adoré lire ton article, il est plein de sens et il fait vraiment écho à ce que j’ai vécu. J’ai les mêmes ressentis que toi en faisant mes deux fausses couches et heureusement on s’accroche, on y croit ! Maintenant j’ai un joli petit bébé de 6 mois, il faut toujours garder espoir ! Jolie photos sur ton Insta, j’aime beaucoup ! Bises, Clara

    J'aime

  3. Comme tu le dis si bien, contrairement à une grossesse, qu’on décide et désire, la fausse couche nous tombe dessus sans qu’on ait rien demandé… et dans un moment où l’on est si heureuse de savoir que l’on va donner la vie.
    Les fausses couches sont fréquentes, mais c’est un sujet encore très tabou… et l’entourage a parfois tendance à eviter le sujet s’il est courant. C’est dommage. Une fausse couche implique un deuil, quelque soit sa précocité ou non. Et être entourée par de la compréhension et de la bienveillance dans ces moments là est important.
    C’est aussi ça la maternité… ce n’est pas que donner naissance à un beau bébé en pleine forme.
    Passe une belle grossesse, prends soin de toi, et au plaisir de lire la suite de tes aventures 😊.

    J'aime

    1. Coucou!

      Je te remercie pour ton commentaire et tes gentils mots! Je suis d’accord avec toi, c’est dommage que l’on en parle pas plus, surtout quand on connait la fréquence des fausses couches et ce qu’elles impliquent… J’espère que mes mots pourront aider d’autres mamans!

      À bientôt,
      Marine

      J'aime

  4. Super cet article!! J’ai aussi fais une fausse couche, c’étai un vrai traumatisme car je me suis sentie vraiment seule, mon gynéco était froid et il a traité ça comme si c’était rien du tout.
    C’est agréable de lire des mots comme ça, j’espère que si une autre maman en fait une qu’elle pourra te lire. C’est très réconfortant, bravo aussi pour les conseils, je suis entièrement d’accord avec toi, il faut pas culpabiliser!
    Longue vie à ton blog, je suis heureuse de te suivre !!!

    J'aime

    1. Bonjour Hélène!

      Je te remercie pour ton commentaire!! C’est très gentil et surtout j’espère que mon article a pu te donner un peu de soutien!
      C’est vrai que le corps médical n’est pas toujours à l’écoute des mamans, nous ne sommes malheureusement qu’un dossier pour eux… Il ne faut pas hésiter à changer de gynéco si tu le souhaites, ce n’est pas toujours facile mais tu ne regretteras pas ta décision. C’est important de sentir la bienveillance de la personne qui nous suit lors de cette merveilleuse mais aussi parfois difficile étape!

      Marine

      J'aime

  5. Merci pour cet article. Il est vrai que la fausse-couche on n’y pense même pas lorsque l’on désire une grossesse. Et lorsque cela nous tombe dessus, c’est nos certitudes qui s’effondrent. Merci de décrire avec beaucoup de justesse ce que tu as ressenti, ça aide, on se sent moins seule.
    Bravo pour ce blog.

    J'aime

    1. Coucou Anna!

      Je te remercie pour ton petit mot et je suis heureuse si mes mots ont pu t’aider à te sentir moins seule! Nous sommes là pour nous soutenir, parfois l’aventure d’une grossesse n’est pas aussi idyllique que ce que l’on pouvait imaginer, et je pense que c’est important d’en parler. J’espère que tu vas bien!

      Marine

      J'aime

  6. Bonjour, je rejoins les précédentes lectrices : très bel article, émouvant et vrai…CE point commun que nous vivons comme une injustice, est indépendant de nous, en effet oui. Comme le cancer… »Pourquoi moi?!!! » J’ai fait une fausse-couche en 2010 à 2 mois 1/2 de grossesse, puis un carcinome epidermoïde (très mal situé) en août 2014, diagnostiqué fin 2015…Je ressens encore de la culpabilité aujourd’hui.
    Au plaisir de vous lire prochainement.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour!

      Je vous remercie de partager à votre tour votre expérience et je comprends que vous puissiez ressentir de la culpabilité. J’espère que ce sentiment s’effacera avec le temps car il ne devrait pas être là… Vous voulez être une maman en donnant la vie et c’est, à mes yeux, une des envies les plus nobles et belles qui existent, sauf que cette expérience est malheureusement semée d’embûches. Vous les surmonterez! N’oubliez pas de penser à tout ce que vous avez en vous de positif et tout ce que vous avez à donner. Je peux vous assurer que rien ne peut égaler cette force!
      Je vous souhaite plein de courage!

      Marine

      J'aime

  7. Cet article reflète à la perfection mon expérience de la fausse couche. Dans un passage vous décrivez la force de la maternité, pour ma part j’ai découvert la force d’être une Femme. Cette fausse couche a été une révélation pour moi…elle m’a définitivement changé. Ce tabou qui rend le sujet encore plus lourd à vivre est terriblement pesant, alors merci d’en témoigner avec autant de sincérité et de transparence.

    J'aime

  8. Bonjour je prends enfin le temps de lire ton article…et que de similitudes avec mon histoire puisque je suis tombée enceinte dès l’arrêt de la pilule pour finalement faire une fausse couche précoce. Ça a été très dur à encaisser, d’autant plus que je suis retombée enceinte deux semaines plus tard (!), cette nouvelle grossesse s’est construite sur les ruines de l’autre, pas le temps de digérer, de prendre du recul. Du coup pour résumer mon premier trimestre de grossesse : malade jusqu’à 4 mois 1/2, mais surtout terriblement angoissée à l’idée de refaire une fausse couche… J’espère vivre différemment une prochaine grossesse lorsque nous aurons envie d’un numéro 2 ! On ne peut pas revenir en arrière mais je regrette parfois toutes ces angoisses qui m’ont suivies tout le long de la grossesse, heureusement que l’haptonomie me permettait de me recentrer sur l’essentiel : notre poulette qui grandissait bien au chaud ^^

    J'aime

    1. Coucou Caro!

      Je viens de lire ton commentaire, je ne sais pas pourquoi mais je n’ai pas les notifications des commentaires laissés sur les anciens articles!
      Merci d’avoir partagé ton expérience, j’espère que tout se passe bien pour toi! Tu as raison, il faut savoir se recentrer sur l’essentiel pendant la grossesse!

      Marine

      J'aime

  9. Bonjour Marine,
    Tombée sur ton blog via Instagram, je ne peux que constater les similitudes entre nous !
    Tombée enceinte sous pilule début août, j’ai fait une FC fin septembre. Je ne te décris pas ce que j’ai pu ressentir. Encore aujourd’hui, je n’arrête pas de me dire que si la grossesse avait tenue, j’aurai accouché, je tiendrai ce bébé dans mes bras, ce que nous faisons nous le ferions à 3 …
    Mon Gynéco m’a préconisé de laisser passer 2-3 cycles avant de tenter une nouvelle grossesse. Ce que j’ai fait. En décembre, nous avons décidé de ne plus faire attention et de laisser en décider la vie. Beau cadeau de Noël puisque je suis tombée enceinte le 21 !
    Aujourd’hui je suis donc dans ma 23 SA.
    Après un 4 mois un peu compliqués, je commence enfin à pleinement apprécié ma grossesse. Et à me projeter en septembre, laissant peu à peu les angoisses liées à la perte d’un bébé …
    Nous avons gardé secret le sexe du bébé. Nous ne souhaitons pas savoir, c’est notre bébé surprise à nous. Je suis tellement heureuse de savoir qu’il va bien, que le reste m’importe peu. Puis tout notre entourage souhaite la surprise alors ça aide un peu !
    J’ai vu que tu utilises les soins Dailyly. Je suis fan ! Autant du lait que de l’huile ou la crème solaire !
    Après t’avoir raconté magie, je te souhaite une très belle et épanouie grossesse ! C’est avec grand plaisir que je continuerai à te lire.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Justine!!

      Je tombe à l’instant sur ton commentaire, je ne reçois pas les notifications des anciens articles commentés.
      Je suis heureuse de lire que tout se passe bien, comment se passe la fin de ta grossesse? C’est bientôt la fin, tu dois avoir hâte de faire la rencontre de ton petit boutchou!
      En tout cas prends soin de toi, de vous, et profite bien de ces derniers instants!

      À très vite,
      Marine

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s